Il y a l'homme.
Le décor, la température, le mot, les vibrations, le déplacement, le sablier, les autres, la pensée, la mémoire, la nuit.
L'homme encore, demain, demain avec la réalisation, avec l'action, avec soi-même, avec le détail, avec l'esquisse, avec le souvenir, avec l'entousiasme, avec soi-même encore.
Et dans sa tête, le fleuve des couleurs, le geste, le geste, le geste, le geste qui trace, qui révéle l'ombre, le geste qui ébauche, le geste qui amorce, qui prend du recul, le geste qui affirme, imprime, grave, qui grave dans la matiére.
L'homme qui prend de la hauteur, le geste qui met en relief, le geste qui signe.
Un tableau est un récit, un récital.
Il est un livre de comportements, de façons, un livre de trajectoires, d'associations, d'élans, de liens, de fougue et d'envolées, qui racconte cette symphonie répétée des gestes orchestrés trés précisemment pour témoigner de l'oeuvre à l'intérieur du peintre.
Oui, l'oeuvre est là, à l'intérieur de lui.
Et comme le mot invente la phrase, la main invente le geste qui fait germer l'oeuvre au bout des doigts.
Le tableau est l'oeuvre de la résonance et du raisonnement.
Christian DELOFFRE, à la question : "Combien de temps pour peindre cette toile ?" répond imperturbable : "Toute une vie".
Toute une vie d'homme parmi les hommes.
Qui se léve le matin tôt pour "travailler" sa toile et la réveiller.
Toute une vie d'homme plongé dans son art, dans son "métier", avec son expérience, son savoir-faire, sa maîtrise.




